lundi, avril 15, 2024
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Le culte des saints et les pèlerinages des Juifs du Maroc

Presentation : Arrik Delouya

Hassan Majdi berbère d’origine et né à Demnate, vivant à Marrakech a été coaché pendant 4 années par Dr Arrik Delouya et vient d’obtenir le titre de docteur ès-lettres de l’Université de Paris 8 avec les félicitations du Jury et la mention très honorable. Il est le premier musulman marocain à avoir cherché dans cette niche.

Hassan MAJDI 

La vénération des saints personnages, le pèlerinage à leurs sanctuaires et le recours à leur protection, largement répandus chez les Juifs du Maroc, reste l’une de leurs caractéristiques culturelles la plus importante. Au moindre malaise, ils font appel aux saints protecteurs et ne manquent aucune occasion pour se rendre sur leurs tombeaux et implorer leur protection et leur bénédiction. Ce culte hagiographique prédispose les Juifs du Maroc à avoir des saints personnels. Ce besoin de lier sa vie à une figure hagiographique, source de réconfort et de sécurité pour l’individu et pour la collectivité, est si fort que les saints surgissent de partout, et surtout au moyen des visions oniriques. Chaque individu ou la famille entière a son saint protecteur qu’il vénère particulièrement. Ce lien bilatéral n’empêche pas le fidèle d’implorer d’autres saints. Il en est de même pour les habitants des localités ayant leur saint patron qui exerce son pouvoir et sa protection sur la région et que l’on nomme : « Moul El-Blad » ou saint patron. On trouve ainsi à Casablanca, Rabbi Eliyahu, à Marrakech, Rabbi Hannaniah Ha-Cohen, à Fès, Rabbi Yehuda Ben’- Attar. Les habitants invoquent leur protecteur à tout moment et gratifient leurs enfants de son nom afin de leur assurer sa bienveillance. 

Ces cultes populaires juifs présentent d’évidente analogie avec les cultes maraboutiques du Maroc. La coexistence harmonieuse et millénaire des Juifs et des Musulmans du Maroc, et leur recours indépendant au même phénomène culturel, ont donné naissance à des usages communs, sans que chacun des deux groupes ait pour cela renoncé à son droit de cultiver séparément des voies personnelles et fonctionnelles dans la création de ses saints. 

Au terme des spécificités locales de ce phénomène hagiographique, nous tenterons de répondre aux questions suivantes : 

Pourquoi la sainteté juive, puisant ses origines dans un passé lointain et dans des mythes très anciens, a-t-elle connu un succès si durable au Maroc ? » 

Sous quelles influences, cette sainteté juive s’était-elle développée ? Et la commune dévotion rendue à des saints, s’impose-elle par le phénomène même de l’hagiographie ou résultent-elle de la coexistence et de l’influence réciproque ? 

En examinant l’ensemble des croyances et coutumes religieuses spécifiques aux Juifs du Maroc dans le domaine du culte des saints et en analysant ses aspects contemporains, nous constatons que le Maroc, pour l’hagiographie juive est un vaste espace où se mêlent, dans les pratiques et les rites, l’animisme, la magie, la superstition, les phénomènes pseudo religieux, la médecine, des formules magico-religieuses, des pratiques d’incantation et d’exorcisme… 

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